Le Nigéria part en guerre contre Twitter

Twitter

Le gouvernement fédéral a annoncé Vendredi la suspension du réseau social Twitter pour une durée indéterminée au Nigéria. L’annonce est intervenue 48 heures après la suppression par Twitter de deux tweets du président du Nigéria, Muhammadu Buhari, au motif qu’ils ont enfreint ses règles d’utilisation. Dans les tweets incriminés, le président nigérian avait essayé de rappeler aux plus anciens et éclairer les plus jeunes sur le coût humain de la guerre, en l’occurrence celle dite du Biafra entre 1967 et 1970 qui avait fait plusieurs centaines de milliers de morts dans le sud du Nigéria. Les deux tweets du président étaient une prise de parole en réponse aux regains de violences dans cette région du pays portées par des velléités séparatistes. Mais le réseau social a considéré les tweets présidentiels comme un appel à la violence.

Reuters rapporte que le blocus de la plateforme de microblogging semble être effectivement entrée en vigueur Samedi où le réseau social n’était plus accessible via les services des principaux opérateurs télécoms du pays. Entre temps, de nombreux appels avaient été relayés sur Twitter et d’autres canaux pour basculer vers les VPN afin de contourner ce que certains considèrent comme de la censure. Il faut rappeler que les griefs du gouvernement fédéral contre Twitter sont nombreux. Les autorités politiques du pays reprochent en effet à la plateforme son parti pris pour les manifestants lors des dernières contestations contre les violences policières et par ailleurs réprimées très violemment. Le gouvernement reproche aussi au réseau social de laisser visibles les tweets du leader d’un groupe séparatiste du Biafra. A l’occasion de l’incident actuel, il dénonce d’ailleurs un deux poids, deux mesures.

Partager

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.