Le mobile en Afrique subsaharienne en 2019

GSMA sub saharan africa mobile industry 2019

Fin 2019, la GSMA a dénombré 477 millions d’abonnés à des services de téléphonie mobile en Afrique subsaharienne. D’ici fin 2021, le parc devrait franchir le seuil de 500 millions estime l’organisation qui regroupe la majorité des opérateurs mobiles à l’échelle de la planète. Dans son rapport annuel publié il y a quelques jours, elle observe une progression rapide de l’usage des smartphones dans la région, les terminaux commercialisés à moins de 100 $ les ayant rendu plus accessibles. C’est ainsi qu’elle estime que les smartphones représenteront 50% des connexions mobiles dans la région d’ici la fin d’année. La plus large diffusion de ces terminaux a aussi été rendue possible par différentes initiatives de financements flexibles. Au Kenya par exemple, Safaricom s’est associé à Google pour proposer aux personnes à revenus faibles la possibilité d’acquérir des smartphones 4G moyennant un dépôt de garantie et un plan de paiement journalier. Des initiatives similaires ont été mises en place au Rwanda par Mara avec des plans de paiement mensuel.

Un impact financier négatif et ponctuel du Covid

Comme pour de nombreuses industries, la crise actuelle du Covid a entraîné un repli (-0,8%) des revenus des opérateurs dans la région. Selon la GSMA, cela est dû au fait que de nombreux abonnés ont réajusté à la baisse leurs budgets communication, l’essentiel (95%) des connexions mobiles étant prépayées, ce qui permet aux abonnés « d’adapter leurs dépenses de télécommunication à leur situation financière du moment » . Néanmoins, les perspectives à moyen et long termes restent très bonnes, la croissance devant être de retour dès 2021.

Ces bonnes perspectives estimées pour les années à venir n’occultent toutefois pas les incertitudes économiques dans la région en raison de la crise du Covid. La GSMA soutient néanmoins qu’en dépit de ces incertitudes, les opérateurs envisagent des investissements importants pour améliorer leurs réseaux, renforcer la 4G et commencer à déployer la 5G.

La 5G en test dans plusieurs pays

Si le développement de la 3G et la 4G restent pour l’instant les priorités des opérateurs de la région avec des niveaux de couverture qui ont encore largement besoin d’être améliorés, et des niveaux d’adoption relativement faibles dans de nombreux territoires, la 5G ne manque pas de susciter l’intérêt des parties prenantes. Toutefois, seuls le Lesotho, l’Afrique du Sud et Madagascar ont à date enregistré des débuts de déploiements 5G. En Afrique du Sud, le FWA (fixed wireless access) est commercialisé depuis 2019 par Rain. Sur le mobile, deux offres ont été lancées dernièrement par Vodacom et MTN qui ont profité de blocs de fréquences temporairement attribués par le gouvernement dans la bande des 3,5 GHz au cours de la pandémie. A Madagascar, Telma a aussi annoncé le lancement commercial de son offre 5G. La GSMA rapporte que Cable & Wireless serait également dans les starting block aux Seychelles pour un lancement avant fin 2020 tandis que des essais ont été initiés au Gabon, au Kenya, au Nigéria et en Ouganda.

Le mobile money, relais de croissance

Depuis de nombreuses années, le mobile money est l’une des principales sources de croissance pour les opérateurs mobiles en Afrique subsaharienne. A la fin de l’année dernière, 469 millions comptes mobile money étaient dénombrés et la GSMA estime que ce parc devrait lui aussi franchir le seuil des 500 millions en 2020.

Initié en Afrique de l’Est avec M-Pesa (Safaricom), cette sous-région reste moteur dans la diffusion de ce type de service financier. L’Afrique de l’Ouest étant l’autre grande place forte. S’appuyant sur un succès qui ne se dément pas, les opérateurs multiplient les services dérivés comme le paiement des factures (eau, électricité, abonnement TV, etc.), les micro-assurances et microcrédits, l’épargne, les cartes de débit, etc. Orange a par exemple récemment lancé Orange Bank Africa en partenariat avec NSIA. Safaricom s’est allié à Visa pour rendre accessibles les commerçants acceptant Visa à sa base de clients M-Pesa. Airtel a fait pareil avec Mastercard pour son service Airtel Money.

Tous services confondus, les opérateurs mobiles ont contribué à hauteur de 9% au PIB en Afrique subsaharienne en 2019 selon les estimations de GSMA. L’industrie y a aussi soutenu environ 3,8 millions d’emplois directs et indirects.

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