Covid-19 : nous ne sommes pas égaux face à la crise

GeoPoll_Covid-19_economic impact

GeoPoll a présenté la semaine dernière les résultats d’une intéressante étude examinant les impacts de la crise sanitaire de la Covid-19 sur les emplois et les revenus dans 5 pays d’Afrique subsaharienne : Côte d’Ivoire, Nigéria, Kenya, Afrique du Sud, Mozambique. Avec environ 500 personnes au moins âgées de 18 ans interrogées par pays entre le 11 Juin et le 06 Juillet, l’étude s’appuie donc sur un échantillon d’environ 2500 répondants représentatifs des habitants de la principale métropole de chacun des pays couverts. A noter que GeoPoll a interrogé autant de femmes que d’hommes pour cette étude.

Une menace sur l’emploi plus élevée pour l’économie informelle

Selon les résultats et l’analyse que suggère l’institut, 48% des personnes en emploi avant la crise sanitaire de la Covid-19 l’étaient dans l’économie informelle contre 44% dans l’économie formelle.

Sur ce scope de personnes en emploi avant la crise, 60% déclarent que le contexte sanitaire les a empêchées de continuer à travailler. De manière surprenante, ce taux est quasiment identique en économie formelle (60%) ou informelle (62%). En revanche, la différence entre les deux versants de la majorité des économies subsahariennes est plus forte en ce qui concerne la confiance dans le retour à l’emploi après la crise et l’allègement des mesures prises pour ralentir la diffusion de l’épidémie. Alors que 70% des personnes en emploi dans l’économie formelle sont certaines de retrouver leurs postes (ou potentiellement des postes équivalents), elles ne sont que 46% dans l’économie informelle. Dans cette section grise de l’économie, 20% des personnes en emploi avant la crise sont même certaines de ne pas retrouver leur travail ou un autre (37% sont dans l’incertitude) alors qu’elles ne sont que 9% dans l’économie formelle à être certaines de ne pas retrouver leur travail (avec 22% dans l’incertitude).

Des revenus en baisse

Sans surprise, l’appartenance à l’économie informelle ou formelle a également une influence sur la pression ressentie par les répondants sur leurs revenus pendant cette période de crise de la Covid-19. De manière générale, près de la moitié des répondants à l’étude de GeoPoll rapportent une baisse significative de leurs revenus depuis le début de la crise sanitaire. 27% indiquent une faible baisse. Au total, près de 8 répondants sur 10 (soit 76% des répondants) à l’étude conduite par l’institut ont rapporté une baisse plus ou moins importante de leurs revenus pendant cette crise sanitaire. Cela montre l’ampleur de l’impact de la Covid-19, non pas seulement sur la santé, mais aussi sur les revenus et l’économie en Afrique subsaharienne.

Pour revenir aux différences entre l’économie formelle et informelle, l’étude de GeoPoll renseigne que près de 60% des personnes en emploi dans l’économie informelle ont noté une baisse significative de leurs revenus. C’est presque moitié moins (37%) dans l’économie formelle.

Des niveaux d’inquiétude élevés

Les insights ressortant de cette étude de GeoPoll tendent ainsi à confirmer les craintes exprimées dans de précédentes études de l’institut par rapport à la sécurité financière et alimentaire des ménages dans la région. Des craintes à nouveau exprimées avec 71% des répondants de la présente étude qui font état de leurs inquiétudes à pouvoir faire face à leur charges. Une proportion quasi stable d’un versant à l’autre de l’économie avec même une résilience légèrement meilleure pour l’économie informelle (70% des répondants exprimant des inquiétudes) versus l’économie formelle (72% de répondants inquiets face aux charges courantes).

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