beIN renonce à la F1 en Afrique du Nord pour combattre le piratage

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beIN MENA a annoncé Vendredi qu’il ne renouvellera pas l’acquisition des droits TV de la F1 pour la région Afrique du Nord et Moyen-Orient pour les 5 prochaines saisons (2020 – 2024). Le diffuseur qatari explique qu’il en est arrivé à ce renoncement, qui sera peut-être suivi d’autres, parce que le piratage industriel mis en place par le saoudien beoutQ lui laisse de moins en moins d’espace pour continuer à opérer avec sérénité. beIN reproche toutefois au Formula One Management en particulier de ne s’être que peu engagé à ses côtés, à la différence par exemple de l’UEFA, de la FIFA, de la LFP ou de la Premier League, pour combattre beoutQ. « Nous déboursons des montants très élevés pour les droits médias. Mais la conséquence naturelle du piratage soutenu par l’Arabie Saoudite est que ces droits ne peuvent être protégés. En conséquence, nous paierons moins dans le futur pour lesdits droits, particulièrement pour les ayants-droit qui font seulement mine de combattre beoutQ » prévient Tom Keaveny, un dirigeant de beIN pour la région MENA. Le diffuseur rappelle par ailleurs que cela fait presque deux ans qu’il dénonce avec force beoutQ, Arabsat, l’Arabie Saoudite et leurs pratiques qui « constituent une menace existentielle pour le modèle économique de l’industrie du sport et du divertissement » . Il a aussi rendu publiques il y a quelques mois les preuves du piratage de beoutQ mises en évidence par des organismes qu’il a mandatés.

Une position délicate pour Formula One

Formula One s’est pour l’instant refusé à commenter les accusations de beIN. Comme le souligne Reuters, l’organisme opère deux GP (grand prix) très lucratifs et comptant pour la saison régulière de la F1 à Abou Dhabi et au Bahreïn, des parties prenantes alliées de l’Arabie Saoudite face au Qatar dans la crise diplomatique qui perdure dans la région. Il lui est ainsi difficile d’adopter une position ferme contre beoutQ et le royaume saoudien sans risquer des représailles qui pourraient remettre en cause la pérennité de ses deux GP. Il a en conséquence accepté le renoncement de beIN et choisi un autre diffuseur dans la région avec lequel un nouveau deal serait quasiment bouclé. Ce diffuseur, dont le nom sera bientôt communiqué par Formula One, remplacera beIN qui diffusait de manière exclusive la F1 en Afrique du Nord et au Moyen-Orient depuis 2014, contre environ 30 à 40 millions $ par saison.

En Octobre 2018, beIN MENA estimait à plus d’un milliard $ les dommages qu’il a subis du fait des pratiques de beoutQ. Selon les chiffres de Digital TV Research, son parc d’abonnés s’est réduit de presque moitié au cours des deux dernières années et l’entrée en scène de beoutQ. Étant à date l’acheteur quasi-exclusif de droits médias sportifs premium dans la région, les ayants-droit n’ont certainement pas intérêt à voir continuellement s’affaiblir le diffuseur qatari. Le basculement que s’apprête à opérer Formula One pourrait toutefois rebattre les cartes. Surtout si c’est l’option PBS qui resurgit.

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