Irrecevable le contrat de JCDecaux avec Cocody à Abidjan ?

JCDecaux

Vendredi 27 Juillet, la CAFCI (Chambre des Afficheurs de Côte d’Ivoire), association professionnelle regroupant les principales régies out-of-home opérant dans le pays, a pris la parole pour s’insurger contre la concession attribuée 96 heures plus tôt par la commune huppée de Cocody au leader mondial de l’outdoor pour déployer un réseau de 90 MUPI (mobiliers urbains pour information). L’association présidée depuis Octobre 2012 par Mahama Coulibaly, patron de la régie Mediaways, estime que cette concession est « en porte-à-faux avec les réglementations en vigueur, à savoir le décret n°2007-676 du 28 Décembre 2007 portant réglementation de l’affichage publicitaire, le communiqué d’interdiction de pose de panneaux publicitaires et les règles de passation de marché public » . Elle explique qu’il est en effet mis en oeuvre depuis 2013 un plan d’assainissement du marché de l’affichage publicitaire ayant abouti au démantèlement de plus 1500 dispositifs et à la diffusion d’un communiqué d’interdiction, toujours en vigueur, de nouvelles implantations. L’autorisation accordée à JCDecaux pour le déploiement de nouveaux dispositifs sur le domaine public à Cocody serait ainsi contraire aux dispositions actuellement en vigueur dans le pays. Elle ne respecterait par ailleurs pas le principe d’une « compétition saine et équitable » entre régies selon les termes de la CAFCI. Une analyse que partage une agence média basée à Abidjan que nous avons interrogée et qui nous révèle que Cocody avait déjà attribué une concession d’implantation de mobilier urbain à une autre régie, Cible, dirigée par Antoine Olivier Vozy, ex-président de la CAFCI. Cette autre régie aurait en outre installé un ensemble de dispositifs conformément à son cahier des charges. Pour notre source, le contrat de JCDecaux avec la commune de Cocody soulève par conséquent plusieurs questions de droit. Elle concède toutefois que la commune a pu se lasser du statu quo institué depuis plusieurs années par la réglementation actuelle découlant de l’ambition d’assainissement de l’offre. Une observation que fait également à demi-mot la CAFCI en déplorant l’important retard qu’accuse la validation de son « projet de réorganisation et de modernisation (de l’offre ndlr) par les autorités compétentes » . L’état des lieux qu’elle a effectué aurait en effet fait ressortir que 95% des dispositifs installés dans le paysage sont de type artisanal. Un point faible qui a pu profiter à JCDecaux dont les dispositifs innovants ainsi que la « puissance financière » ont pu convaincre la commune de Cocody selon notre source. L’agence média que nous avons interrogée admet d’ailleurs que l’entrée de JCDecaux sera bénéfique en termes d’innovation à un marché ivoirien de l’outdoor « qui en a tant besoin » . Elle ajoute que selon les indiscrétions sur le marché, le groupe français devrait bientôt signer avec d’autres communes de la ville d’Abidjan. Contacté par Happens Africa, JCDecaux se refuse à tout commentaire.

A noter que la concession accordée par la SOTRA ne fait pour l’instant l’objet d’aucune contestation. A l’inverse de Cocody, les dispositifs seront installés sur les domaines du transporteur.

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