Martin Sorrell pose la première brique du nouvel empire qu’il envisage

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On le sait, Sir Martin Sorrell, contrairement à d’autres figures de l’industrie de la publicité, parie à fond sur le digital et la data. Depuis la montée en puissance des Google, Facebook, Amazon, Alibaba et consorts, il considère que le marché de la publicité est entré dans une nouvelle ère où pour survivre, il faudra pour les agences classiques mobiliser les mêmes ressources (data, intelligence artificielle, contenus, etc.) que les géants de la techno. Parti abruptement de WPP mi-avril, le tycoon avait promis ne pas encore envisager la retraite. Il avait aussi révélé mieux entrevoir où se situaient les relais de croissance au sein de l’industrie. Quelques semaines plus tard, il prend la tête de S4 Capital en y investissant un peu plus de 45 millions € et promet d’en faire un empire à coup d’acquisitions, comme il y était déjà parvenu avec WPP. Diverses sources révèlent alors que le dirigeant cherche à lever 1,13 milliard € pour financer ses premières acquisitions. Mardi, il a réussi à boucler la toute première.

En concurrence avec le groupe qu’il dirigeait encore il y a quelques mois, Sir Martin Sorrell réussit en effet à emporter l’acquisition de MediaMonks, une entreprise néerlandaise se définissant comme la plus importante importante plateforme de création digitale. Fondée depuis 17 ans et demi, elle opère dans une dizaine de pays et compte parmi ses clients de nombreuses agences mais aussi des marques premium comme Netflix, Amazon, Adidas, etc. Elle indique être enchantée de rejoindre S4 Capital et d’adhérer à la vision de Martin Sorrell de créer LA nouvelle plateforme de l’industrie en mobilisant créa, data, média et technologie. Selon The Guardian, S4 Capital a dû mettre environ 300 millions € sur la table pour parvenir à ses fins. Cette acquisition « représente une étape importante dans l’avènement d’un nouvel âge, d’une nouvelle ère » commente pas peu fier Sir Martin Sorrell. L’opération le remet à nouveau sous les projecteurs et lui offre une petite revanche sur le groupe qu’il a bâti du sol au plafond.

Elle l’expose toutefois à des représailles de WPP qui a indiqué qu’il ne comptait plus lui verser les plus de 22 millions € de bonus auxquels il pouvait prétendre après son départ. Le groupe de publicité estime qu’en le concurrençant jusqu’à lui ravir MediaMonks, une cible convoitée de longue date, il ne viole certes pas de clause de non-concurrence, puisqu’une telle clause n’existe pas, mais qu’il viole une clause de confidentialité. Les discussions entre WPP et MediaMonks auraient débuté pendant que Martin Sorrell était encore CEO de WPP, discussions auxquels il aurait été associé.

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