Festival de Cannes : la consommation cinématographique en Afrique

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En marge de l’édition 2018 du Festival de Cannes, le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée) et UniFrance ont organisé Jeudi 10 Mai une table ronde proposant de faire un « Etat des lieux de la consommation cinématographique et audiovisuelle en Afrique francophone subsaharienne » . Co-animée par Sébastien Onomo (producteur originaire du Cameroun, co-président du groupe francophone d’UniFrance) et Jean-Christophe Baubiat (responsable des pays francophones à UniFrance), elle a donné la parole à Aziz Cissé (secrétaire permanent du FOPICA au Sénégal), Coulibaly Diakité (président du FONSIC en Côte d’Ivoire), Laurent Sicouri (directeur des acquisitions programmes de Canal+ International), Betty Sulty Johnson (vice-président distribution de contenus de TRACE), Marjorie Vella (directrice adjointe des programmes et directrice des acquisitions de TV5MONDE) et Jean-Paul de Vidas (Directeur des Films 26).

Trois principaux sujets ont fait l’objet des échanges entre les panélistes. Concernant d’abord le développement des réseaux de salles et la diffusion des productions africaines, Aziz Cissé et Coulibaly Diakité ont évoqué plusieurs initiatives mises en place pour soutenir la tendances en cours. C’est le cas par exemple des incitations fiscales mises en place par en Côte d’Ivoire pour la construction de salles avec pour objectif d’atteindre un parc de 25 salles en 2020. Au Sénégal, le FOPICA participe pour sa part au financement de la rénovation de salles. Quatre salles de quartier de Dakar auraient par exemple bénéficié de l’accompagnement du fonds, leur rénovation étant en cours. Il en est de même à Ziguinchor. Au Sénégal, les exploitants accompagnés doivent en outre s’engager sur un quota à respecter en termes de diffusion de productions locales. Abdoul-Aziz Cissé révèle par ailleurs que le pays songe à mettre en place une chronologie des médias afin de garantir une fenêtre suffisante pour la diffusion en salles des productions locales, bénéficiant notamment d’un financement public, avant qu’elles ne soient ensuite proposées sur support physique et plus tard sur les plateformes digitales. Sur le sujet de la distribution, Jean-Paul de Vidas a indiqué que sa société a enregistré 343 000 entrées en 2017 pour les titres qu’il a en catalogue, soit 1,7 million € de revenus. En 2018, Black Panther a généré 110 000 entrées sur le réseau alimenté par le distributeur français en Afrique. Mais plus globalement, le panel reconnaît que les contextes marché sont divers et qu’il n’y a pas d’approche unique de distribution des œuvres cinématographiques. Pour certains films, de type non commercial notamment, il peut par exemple être plus pertinent d’organiser des projections itinérantes pour toucher un public qui ne fréquente pas les salles, les centres commerciaux où sont habituellement implantés les multiplexes, ou n’ayant simplement pas les ressources financières pour s’offrir un billet pour aller voir un film. Les panélistes ont également évoqué les organismes, à l’image d’institutions européennes comme Eurimages, Creative Europe, pouvant être mis en place pour soutenir les co-productions en Afrique. Au sein de l’Union Africaine, l’AACC (Commission Africaine de l’Audiovisuel et du Cinéma) et ses déclinaisons nationales comme le fonds de soutien à la production audiovisuelle en Côte d’Ivoire essaient en ce sens de porter des projets. Pour leur part, les éditeurs comme Canal+ et TV5MONDE soutiennent la production via le mécanisme du pré-achat.

Enfin, les panélistes ont évoqué le sujet de la consommation audiovisuelle en Afrique en reconnaissant que les contenus ayant le plus de succès sont ceux proposant des histoires auxquelles le public s’identifie. Cela dit, la faiblesse des revenus anticipés et/ou générés reste un handicap pour boucler les financements et accélérer le développement d’une industrie locale naissante.

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