Taxe de 5% sur la publicité tous écrans au Maroc

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Tollé dans l’écosystème de la publicité au Maroc depuis la fin de la semaine dernière. La Direction générale des impôts (DGI) du Royaume chérifien a diffusé une circulaire rappelant une nouvelle disposition fiscale intégrée à la loi de finances 2018. Elle institue une extension à tous types d’écrans de la taxe (droit de timbre) de 5% sur la publicité, taxe qui était jusqu’à Décembre 2017 exclusive à la TV et au cinéma. L’administration fiscale marocaine justifie cette modification du code général des impôts du pays par « souci d’adaptation au développement des nouvelles technologies dans le domaine publicitaire » . Aux termes du nouveau texte, les impressions publicitaires délivrées sur mobile (téléphone et tablette), PC et DOOH sont désormais assujetties au droit de timbre de 5%.

Iniquité avec les GAFA et les médias internationaux

Mais pour diverses parties prenantes du marché local de la publicité, cette nouvelle disposition fiscale ne passe pas. Elles la qualifient même d’inique en n’ayant aucune prise sur les acteurs internationaux comme Google, Facebook ou les marques internationales de presse, la majorité d’entre eux n’ayant pas d’établissement commercial stable au Maroc. Selon la FMEJ (Fédération Marocaine des Editeurs de Journaux), seuls les revenus des éditeurs locaux ne pourront alors être taxés, ce qui déséquilibrera davantage un marché déjà hyper dominé par ces acteurs internationaux captant l’essentiel des investissements publicitaires sur le digital. En outre, explique le syndicat, l’opérateur est contraint de s’acquitter mensuellement des 5% sur les montants facturés alors même qu’il n’aurait pas encore été réglé par l’annonceur, les délais de paiement allant généralement au-delà des 30 jours dans la pratique commerciale. Entre une situation concurrentielle encore plus désavantageuse et une pression supplémentaire sur le fonds de roulement, les éditeurs marocains de presse digitale s’y retrouvent de moins en moins et alarment sur les conséquences économiques et sociales à venir de la nouvelle disposition.

Aux cris d’orfraie de la FMEJ se joignent le GAM (Groupement des Annonceurs du Maroc) et l’UACC (Union des Agences Conseil en Communication). Les trois syndicats professionnels ont ensemble adressé à l’administration fiscale une lettre dans laquelle ils expriment leur désappointement face à l’extension de des droits de timbre de 5% à tous types d’écrans. Les autres composantes de l’écosystème, en l’occurrence les régies, fourbissent probablement aussi leurs armes pour exercer une pression sur l’administration fiscale en ce qui concerne cette disposition.

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