Extension de la redevance TV au mobile au Ghana : le diffuseur public perd son DG

Ghana Prime time redevance TV

Quand il lançait il y a quelques semaines l’idée d’une extension de la redevance TV au mobile, le Directeur général du GBC (Ghana Broadcasting Corporation) se doutait bien qu’elle agiterait un chouia le débat public. Mais il était certainement loin de se douter que cela pouvait prendre des proportions au point de le contraindre à se mettre congé de son poste. On frise en effet aujourd’hui l’affaire d’Etat, avec le Ministre de la communication et le président de l’organe de régulation, le NMC (National Media Commission), qui ont pris la parole pour désavouer Akuffo Anoff-Ntow, Directeur général du groupe audiovisuel public.

Un déclencheur, la case justice

Que lui reproche-t-on ? Qu’il s’agisse du public qui l’a mauvaise ou des officiels ayant pris la parole, ils clouent au pilori le dirigeant de GBC pour avoir très explicitement fait planer la menace de poursuites judiciaires contre tout redevable ne s’acquittant pas de la redevance TV. Une instance judiciaire dédiée avait même été annoncée pour être mise en place et connaître de ce type de contentieux. Le flou entourant la définition précise des devices pouvant être concernés, à la suite de la proposition d’intégrer le mobile, a particulièrement été reproché à Akuffo Anoff-Ntow. Les officiels l’accusent d’avoir initié une polémique avec cette proposition, polémique qu’il aurait ensuite mal gérée. Sur Multi TV, une chaîne locale, le Ministre de la communication aurait par exemple indiqué qu’avec la proposition du Directeur général de GBC, le contribuable ne sait pas ce pour quoi il devrait acquitter cette taxe. Equipements ou contenus ? Pourtant, le patron de GBC avait expliqué la vision qui est la sienne, portée sur le financement du contenu. Cependant, on peut entendre l’autre critique formulée par le Ministre quand il fait remarquer qu’aucune étude sérieuse n’a été réalisée sur le sujet. Enfin, il reproche à Akuffo Anoff-Ntow de n’avoir pas en amont imaginé une solution fiable pour collecter les redevances concernant le mobile.

Au-delà de ces considérations opérationnelles, il y également l’impact politique d’une telle annonce. Clairement, l’appareil politico-administratif du Ghana reproche au dirigeant du groupe audiovisuel public d’avoir lancé une proposition impopulaire, le public, l’électorat, pouvant en retour exprimer une sanction dans les urnes.

Une éviction polémique

En conséquence, il a été décidé de son éviction. Le NMC a ainsi demandé au conseil d’administration de GBC de se séparer du Directeur général, au moins de façon temporaire. Requête à laquelle a accédé le board présidé par Emmanuel Addo-Obeng en obtenant la mise en congé avec effet immédiat de Akuffo Anoff-Ntow. Selon les prises de parole des différentes parties, le choix de l’écarter de façon temporaire n’équivaut pas encore à un licenciement ou une rupture de son contrat. Les discussions seraient en cours pour trouver la solution la plus satisfaisante pour toutes les parties et qui ne léseraient surtout pas le contribuable.

Dans cette affaire, le patron de GBC ne manque toutefois pas de soutien. Le MFWA (Media Foundation for West Africa) et le GJA (Ghana Journalist Association) ont par exemple exprimé leur désaccord avec la position du régulateur, ce dernier ayant déjà demandé la désignation d’un dirigeant intérimaire à la tête du groupe audiovisuel public.

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