Un Netflix toujours plus haut engrange 8,3 millions de nouveaux abonnés

Netflix productions orginales

Le marché est certes habitué aux superlatifs avec Netflix. Mais tout de même ! Plus de 8,3 millions de nouveaux abonnés enregistrés au quatrième trimestre (Q4) 2017, soit la percée la plus importante jamais réalisée par le service sur un trimestre de l’avis même de ses dirigeants. Ce sont environ 2 millions d’abonnés de plus par rapport aux prévisions des analystes sur le trimestre. Globalement, le service affiche 117,6 millions d’abonnés au compteur à fin Décembre, dont 110,6 millions d’abonnés payants. Les 7 millions restant sont de nouveaux abonnés en phase de test gratuit du service.

L’international dépasse les USA

Aux USA, son marché domestique, Netflix a engrangé environ 1,9 million de nouveaux abonnés en Q4 2017 et est maintenant consommé par plus de la moitié des foyers haut débit du pays. Les hausses de prix intervenues il y a quelques mois aux USA en ce qui concerne les formules 2 écrans et 4 écrans n’ont donc pas eu d’impact négatif sensible sur le marché. L’international, environ 190 pays, a de son côté apporté 6,4 millions de nouveaux abonnés. Pour la première fois, il dépasse les USA en base installée d’abonnés payants avec 57,8 millions, soient 52,3% du parc. Les dirigeants EMEA de Netflix avaient déjà fait fuiter cette information il y a quelques jours dans une déclaration faite à nos confrères sud-africains de MyBroaband. La plateforme a annoncé, en conséquence, l’arrivée du français Rodolphe Belmer, ex Canal+, au sein de son board pour « bénéficier de la clairvoyance, de l’expérience et de la perspective globale » de ce dernier, l’Europe représentant une part importante et croissante du parc d’abonnés.

Sur l’ensemble de l’année 2017, Netflix a réussi à attirer environ 24 millions de nouveaux abonnés. Il en prévoit 6,4 millions pour Q1 2018. Côté revenus, il a généré 3,29 milliards $ au cours du trimestre précédent (dont 1,56 milliard $ hors USA) pour un bénéfice net de 185 millions. Ces excellents résultats on fait s’envoler la capitalisation boursière de la plateforme SVOD au-delà de 100 milliards $ Lundi.

Disney ? Même pas peur

Selon ses dirigeants, ce sont les contenus originaux tels que 13 Reasons Why, Stranger Things ou Bright (avec Will Smith) qui expliquent les très bons résultats affichés. Du coup, Reed Hastings et son équipe n’envisagent pas dévier de cette stratégie. Ils annoncent entre 7,5 et 8 milliards $ d’investissement dans les contenus en 2018 pour financer plus de 600 contenus originaux, dont au moins 80 films. Ils ajoutent que les montants seront encore plus élevés en 2019 et 2020.

Quant à la concurrence annoncée avec Disney, qui disposera avec les actifs de FOX, de l’un des meilleurs catalogues, Reed Hastings ne la craint pas. Il indique même en plaisantant qu’il sera probablement l’un des abonnés du service que planifie le groupe de Bob Iger. Selon le CEO de Netflix, il y a de la place pour plusieurs services majeurs. Il indique donc que l’avènement des Apple, Facebook et autres dans la SVOD ne fera que tirer le marché du streaming vers le haut. Il estime d’ailleurs que si Netflix continue à progresser aussi bien, c’est en partie dû au fait que l’écosystème entier (Hulu, YouTube, etc.) arrive à convaincre de plus en plus de personnes à passer au streaming, parfois au détriment du linéaire (cord-cutting).

Une stratégie Afrique qui se met en place

En Afrique, où il est opérationnel depuis 2016, le service met progressivement en place sa stratégie, en commençant par le marché régional le plus mature, l’Afrique du Sud. A MyBroadband, il indique être satisfait de la croissance de la base d’abonnés dans ce pays subsaharien. En Octobre, il y avait d’ailleurs organisé son premier événement dédié à l’industrie locale de la vidéo. Il y a avait annoncé son intention d’acquérir ou de financer des productions locales. Il a aussi annoncé son intention de mettre en place la collecte des frais d’abonnement en monnaie locale et non plus en dollar. A moyen terme, cette approche devrait être étendue à d’autres marchés de la région.

En Décembre, il a également fait un appel du pied aux telcos de la région en déclarant rechercher davantage de partenaires pour distribuer sa plateforme, sur le mobile et sur le fixe. Il note en effet que le FTTH progresse, lentement certes, notamment en Afrique du sud et au Kenya. Dans des pays comme la Côte d’Ivoire, le Sénégal, le Gabon, le Cameroun, etc. le déploiement progresse aussi. Quant à la 4G mobile, elle progresse aussi dans la région. En conséquence, Netflix souhaite pouvoir collaborer avec d’autres partenaires, outre Orange et Kwesé avec qui il a déjà des accords, pour distribuer son service, notamment suivant l’approche du forfait data dédié (zero-rating data) évitant au vidéonaute un coût data supplémentaire pour consommer le service.

 

NB : Netflix annonce en outre pour 2018 un investissement de 1,3 milliard $ dans la technologie (vs 1,05 milliard en 2017) de la plateforme.

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