Friture sur la ligne pour la reprise de 9Mobile

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On devrait même parler de blocage, tellement la situation Vendredi de l’opérateur mobile nigérian aux 17,1 millions d’abonnés voix (*) paraît complexe et surtout incertaine. C’est un fait, aucun repreneur n’a été annoncé ces jours-ci. Peut-être qu’il n’y en aura même pas avant longtemps. Et pour cause !

Une décision de justice suspend le processus

Un tribunal de Lagos a rendu la semaine dernière un arrêt rendant nul et non avenu l’ensemble de la procédure. Sollicité dès Juillet 2017 par Spectrum Wireless, un actionnaire de 9Mobile estimant avoir été mis à l’écart et lésé, le tribunal a prononcé mi-Janvier la nullité de la constitution du board transitoire pilotant les activités de l’opérateur, ainsi que l’ensemble des décisions prises par ledit board, et par conséquent le recrutement de Barclays Africa pour la sélection d’un repreneur. Le régulateur (NCC), comme la banque centrale (CBN), les deux membres institutionnels du conseil d’administration transitoire, n’ont pour l’instant pas fait de commentaires. Toutefois, on assure (officieusement) au NCC continuer à travailler pour la sélection finale du meilleur repreneur.

De potentiels repreneurs subodorent une insincérité

Mais parmi quels candidats ? Selon des sources locales, trois des cinq groupes qui étaient encore en lice pour la dernière phase du processus auraient d’une façon ou d’une autre jeté l’éponge. Airtel, bien que pré-sélectionné, n’aurait finalement pas candidaté. Une source proche du dossier aurait confié que le telco indien subodore une insincérité de la situation présentée par 9Mobile. Elle ajoute qu’il serait trop risqué pour quiconque de se porter acquéreur de l’ex Etisalat.

Globacom et Helios auraient pour leur part confirmé leur candidature … sans avoir expressément transmis une offre ferme et chiffrée. Une façon de se disqualifier par eux-mêmes ? En tout cas, Globacom, qui a perdu il y a quelques semaines sa licence au Bénin, n’aurait en réalité pas les coudées franches pour réaliser une telle acquisition. Son niveau d’endettement ainsi que ses impayés, notamment auprès du NCC en ce qui concerne des arriérés d’exploitation de fréquences télécom, pourraient rendre délicat, sinon difficile le financement de l’opération. Quant à Smile Telecoms et Teleology, ils auraient respectivement proposé environ 300 millions et 500 millions $, des chiffres très éloignés pour l’instant du 1,2 milliard $ qu’attendent les créanciers de 9Mobile.

Mises bout à bout, les choses semblent plutôt mal embarquées pour voir aboutir à brève échéance la reprise du quatrième opérateur (en parts de marché) nigérian.

Des abonnés et un marché dans l’expectative

Côté commercial aussi, cela pourrait commencer à se dégrader. Le couperet judiciaire intervenu la semaine dernière aurait refroidi les abonnés qui s’interrogent désormais sur la viabilité à court terme de l’opérateur. Plus largement, le marché est dans l’expectative. Un premier indicateur, certes insignifiant à date, avancé par des sources au Nigéria porte sur la chute qu’a connue la portabilité entrante vers l’opérateur. De Janvier à Novembre 2017, 9Mobile a continuellement été, selon les statistiques du NCC, celui dont le solde portabilité était le plus élevé. Cela ne porte certes que sur quelques milliers d’abonnés, mais c’était un signe de l’attractivité de la marque. Mais dernièrement, la portabilité entrante aurait très sérieusement plongé, confirmant les doutes du marché. Les prochains jours s’annoncent alors déterminants pour l’ex Etisalat.

 

(*) selon le dernier comptage, Novembre 2017, du NCC ; à cette date, l’opérateur affichait également 11,4 millions d’abonnés data mobile

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