MultiChoice en attente de la décision du CAK au Kenya

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Décidément, le Kenya ne manque pas de s’illustrer en matière de régulation. Et ce sont à nouveau des marques médias de Naspers qui sont dans le collimateur, cette fois du régulateur de la concurrence. Le CAK (Competition Authority of Kenya) annonce en effet qu’il rendra d’ici fin Juillet sa décision à la suite de la longue enquête qu’il a menée depuis 2 ans en ce qui concerne la position ultra dominante (*) de SuperSport (chaîne éditée et distribuée exclusivement par MultiChoice) dans la diffusion live des contenus premium de foot dans le pays, sur le segment de la TV payante. L’instance de régulation cible particulièrement la Premier League anglaise dont la chaîne sud-africaine détient les droits exclusifs pay TV en Afrique subsaharienne anglophone jusqu’en 2018 -2019, droits qu’il a dernièrement sécurisés jusqu’en 2021 – 2022. Selon le régulateur, l’exclusivité des droits détenus par SuperSport nuirait à l’équilibre du marché kényan de la pay TV, et favoriserait plus que de raison DStv au détriment de Zuku (Wanachi) par exemple. Le sud-africain pourrait donc être contraint de céder des sous-droits à certains de ses concurrents.

Dans le viseur du régulateur, il y a également le championnat local KPL (Kenya Premier League) auquel a déjà renoncé SuperSport pour défaut de rentabilité. C’est Bamba Sport (Radio Africa) qui a d’ailleurs pris la suite du sud-africain dans la diffusion de la compétition. L’annonce a été faite il y a tout juste quelques jours. Ce pan du dossier ne devrait donc plus peser dans la décision qui sera rendue par lé régulateur.

Quant à la Premier League, et plus globalement aux contenus premium de sport, MultiChoice bien que coopérant pleinement avec le CAK a rappelé, à raison, que l’exclusivité fait partie du cœur même de l’industrie audiovisuelle. C’est le contenu différenciant qui oriente les choix de services que font les abonnés. Et c’est d’ailleurs ce qui fait flamber les coûts d’acquisition des droits pour les diffuseurs. Ça n’est pas forcément rentable (ROI pas forcément au rendez-vous), mais c’est encore l’un des moyens les plus sûrs pour créer du trafic vers les bouquets pay TV. On peut certes entendre la position du régulateur dont l’objectif est de veiller à l’équilibre du marché et au respect des règles concurrentielles, mais il est difficile d’empêcher ou de limiter les exclusivités dans l’audiovisuel.

 

(*) à date, on ne peut plus considérer la position de SuperSport comme ultra-dominante dans la diffusion du foot premium au Kenya et en Afrique subsaharienne puisqu’il partage désormais les droits FIFA 2017 – 2018 avec StarTimes et Kwesé ; les chaînes sport propriétaires de StarTimes (World Football, Sports Premium, Sports Arena, etc.) proposent par ailleurs d’autres championnats européens premium, la Bundesliga et le Calcio notamment

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