StarTimes vs Excaf au Sénégal : le championnat local sera bien diffusé sur Live TV

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Nouvelle escalade au Sénégal entre StarTimes et Excaf. L’opérateur sénégalais a saisi par courrier il y a quelques jours le CNRA (Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel) pour contester la validité de l’accord présenté Vendredi 02 Novembre et liant le groupe média chinois StarTimes à la Ligue Sénégalaise de Football Professionnel (LSFP). Excaf exprime dans son courrier sa « stupéfaction et sa consternation en apprenant dans la presse l’existence » d’un tel accord alors que « le CNRA a clairement relevé que StarTimes ne peut légalement exercer aucune activité audiovisuelle » au Sénégal. Il ajoute plus loin que StarTimes au Sénégal ne dispose d’aucune habilitation légale pour opérer comme « éditeur de service, opérateur de diffusion ou distributeur de service » selon les termes de l’article 3 de la loi 2017-27. Le groupe dirigé par Sidy Diagne demande en conséquence au régulateur « de constater la nullité » de l’accord « pour violation de la loi » . Cependant, tout le long de son courrier, Excaf évoque un « contrat de sponsoring » entre StarTimes et la LSFP selon lequel le media chinois finance une activité sportive (les championnats de Ligue 1 et Ligue, la coupe de la ligue et le trophée des champions ndlr) en contrepartie « d’une promotion et d’une publicité » . Cette interprétation de l’accord est-elle recevable ? Le CNRA statuera. Cela dit, le document signé entre StarTimes et la LSFP et qu’a pu consulter Happens Africa porte sur un accord global couvrant un ensemble de droits cédés par la ligue sénégalaise au groupe audiovisuel chinois pour 10 saisons. Droits médias (diffusion TV, radio, streaming, etc.), droits marketing (merchandising, inventaires publicitaires, etc.), naming des compétitions et sponsoring maillot, etc. Il a déjà pris effet, avec une diffusion en streaming de deux premiers matchs sur la plateforme OTT de StarTimes. Des discussions seraient par ailleurs en cours avec le diffuseur public, RTS.

Envers et contre tous ?

Le contrat est signé, « est officialisé et est effectif » confie à Happens Africa un responsable du groupe audiovisuel chinois à Dakar. « Rien n’y changera » ajoute-t-il, passablement agacé par la nouvelle procédure initiée par Excaf. « C’est de la diffamation et simplement une attaque qui sera sans effet » persiste notre source toujours à propos du courrier d’Excaf. « Nous apprêtons en ce moment une réponse appropriée à cette invective » ajoute-t-il encore. Et de conclure que de toute façon « le championnat sera bel et bien diffusé sur la chaîne Live TV du bouquet StarTimes » . Le groupe chinois semble ainsi prêt à en découdre, certain de son bon droit. Le document accord qui le lie à la LSFP stipule en effet que l’accord avec la ligue n’entrera en vigueur qu’à la seule condition de l’obtention de l’autorisation DTH délivrée par le ministère de la communication, autorisation permettant d’exploiter « les activités de télévision numérique par satellite » au Sénégal. Autrement dit, les parties se seraient bien assurées d’avoir une licence. Toutefois, le CNRA indiquait dans son avis du 07 Septembre n’avoir jamais été sollicité pour délivrer un avis concernant une demande de licence audiovisuelle introduite par StarTimes auprès du ministère. Le régulateur indiquait même attendre du groupe média chinois qu’il apporte la preuve de sa licence. Entre Septembre et ce début Novembre, la situation a probablement alors évolué. Le cas de la TNT reste en revanche litigieux puisqu’il est établi par le régulateur qu’aucun opérateur autre qu’Excaf ne peut opérer un service de télévision numérique terrestre payante au Sénégal avant 2024.

Plus globalement, l’entrée de StarTimes sur le marché sénégalais ne suscite pas que les récriminations d’Excaf. Plusieurs éditeurs locaux ont déjà plus ou moins ouvertement exprimé méfiance, sinon craintes, vis-à-vis du nouvel entrant. Une atmosphère orageuse en somme entre parties prenantes du marché audiovisuel au Sénégal. Pour info, la LSFP indique avoir discuté en première intention avec le français Canal+. Mais les négociations entre les deux parties n’auraient pas prospéré, l’offre financière proposée par Canal+ ayant été jugée insuffisante par la LSFP, en comparaison du montant acquitté par saison par le même Canal+ en Côte d’Ivoire pour la diffusion des championnats et coupes de cet autre pays d’Afrique de l’ouest.

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