Havas Horizons 2018 : les classes moyennes africaines font encore recette

Ces derniers mois, un certain doute semble se diffuser quant à la réalité des classes moyennes africaines et de leur potentiel de consommation. Des observateurs avisés critiquent ce qu’ils qualifient de poncifs et autres prophéties auto-réalisatrices répétés à longueur de prises de parole pour vanter le potentiel marché associé aux classes moyennes dans la région, le dividende démographique, les opportunités économiques et sociales prêtées au numérique en Afrique, la lame de fond transformatrice portée par les innovations initiées par les start-up locales, etc. Il semble pourtant, selon la 4ème édition du baromètre Havas Horizons, que ce sont justement à ces leviers d’acquisition décriés que sont le plus sensibles les investisseurs internationaux selon les termes de l’étude conduite par Havas Paris et l’Institut Choiseul. Révélés la semaine dernière, les résultats mentionnent expressément « un intérêt nouveau » et très élevé (98%) des investisseurs internationaux « pour l’innovation et les nouvelles technologies » qui recèleraient à leurs yeux un « important potentiel » . Ils croient à 76% à « l’émergence d’un modèle typiquement africain » et souhaitent en conséquence (68%) « renforcer leurs investissements dans ces secteurs » , notamment dans la fintech et les services financiers qu’ils considèrent en premier lieu (23%), devant la distribution (16%). Ce deuxième segment de marché « est porté par l’émergence d’une classe moyenne et l’augmentation de la demande intérieure » explique Havas Paris. Le potentiel associé aux classes moyennes ressort d’ailleurs comme le premier facteur incitatif cité (58%) par les investisseurs interrogés. Ils parient aussi sur l’amélioration du climat des affaires (49%) et la dynamique démographique (47%).

Plus globalement, les organismes d’investissement interrogés indiquent être optimistes et confiants (92%) quant aux perspectives économique de l’Afrique à l’horizon 2023. Ils envisagent par ailleurs à 60% renforcer leurs investissements dans la région, prioritairement en Côte d’Ivoire (63%), au Kenya (61%) et au Nigéria (39%).

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Méthodologie : Le baromètre Havas Horizons 2018 a interrogé en mars & avril 2018 un panel (annexe) de près
de 50 (*) des plus grandes institutions financières et bancaires (analystes senior, directeurs financiers, directeurs
Afrique, CEO… ) exerçant une activité en Afrique, au fait des enjeux du continent et contribuant activement à son
développement économique. Cette enquête, réalisée par le biais d’un questionnaire Surveymonkey, a été
renforcée par une série d’entretiens individuels avec des acteurs économiques de premier plan en Afrique.

(*) Accion Venture Lab, Aera Group, African Guarantee Fund, AfricInvest, Amethis Finance, Attai Capital Limited, Axian, Banque Misr, Be Assur, BGFIBank Bénin, BIM Consulting, BMCE Capital, BNP Paribas, Bridge Bank Group Côte d’Ivoire, Casablanca Finance City Authority, CFAO Retail, Choiseul Africa Capital, Cinven, Cytonn Investments, Dar es Salaam Stock Exchange PLC, DEX Capital, Ecobank, Engie, Eurazeo Capital, Gold and General, Goldman Sachs, Investisseurs & Partenaires (I&P), Janngo, Jumia, Lazard Frères, Maghreb Titrisation, Messier Maris & Associés, ministère de l’Industrie et du Développement du secteur privé de Madagascar, Natixis Investment Managers, One2Five, Qalaa Holdings, Quilvest Private Equity, Rawbank, RightCom Technologies, Rothschild & Co,
Saint-Gobain, Sanofi, Société Générale et Suguba

Crédit photo : © …-Wink-… – Visualhunt.com

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