E-commerce : c’est déjà la fin pour Africashop

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18 mois après Cdiscount, Africashop, lui aussi adossé à un important retailer (CFAO), se retire. Sur l’ensemble de ses plateformes, le chaland est désormais accueilli par un message annonçant qu’il n’est  plus possible de prendre de nouvelles commandes. Celles en cours seront ou livrées ou remboursées. Lancé le 2 Avril 2016, CFAO n’aura ainsi opéré son service e-commerce en Afrique que pendant deux petites années. Le retailer n’a pas encore pris la parole pour expliquer les raisons de cet échec, mais il est aisé d’imaginer qu’il ne souhaitait certainement pas continuer à brûler plus longtemps du cash pour une rentabilité qui tarde à montrer le bout de son nez (et qui ne l’aurait peut-être jamais montrée ; ça on ne le saura jamais, l’aventure étant désormais terminée). On pourra aussi et surtout relever que le système logistique mis en place, avec des stocks basés hors Afrique, n’est pas étranger à l’échec enregistré. Le même facteur avait plombé Cdiscount dont les articles commandés devaient être expédiés de Bordeaux. La concurrence a en effet fait d’énormes progrès et propose de plus en plus des livraisons le même jour. C’est le cas de Jumia au Nigéria et dans d’autres pays. Yaatoo (Prosuma) propose également une livraison en quelques heures à Abidjan. A Dakar, Afrimarket et Auchan se sont engagés sur 24h maximum pour livrer une commande. Cela dit, une livraison rapide ne garantit pas le succès. Jumia a d’ailleurs creusé un peu plus ses pertes opérationnelles en 2017.

Pour Emmanuel Bocquet, un spécialiste du e-commerce africain, l’échec d’Africashop était inévitable. Il pointe les faiblesses du modèle qui était celui de la plateforme de shopping online propulsée par CFAO. Outre l’aspect logistique, il relève notamment le positionnement trop haut de gamme de la plateforme, avec des prix trop élevés par rapport au contexte marché. L’expert relève aussi que le manque de flexibilité en ce qui concerne le paiement fut également préjudiciable au service, les shoppers étant contraints de payer à la commande alors que les pratiques habituelles sur les marchés subsahariens positionnent le cash on delivery comme principal mode de paiement. Mais surtout Africashop manquait d’agilité estime Emmanuel Bocquet, un manque d’agilité qui l’a empêché de pivoter à temps.

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