Les cyber-infractions ont coûté au moins 3,5 milliards $ à l’Afrique en 2017

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La sécurité numérique, c’est à s’arracher les cheveux. 82 fichiers contenant des données enregistrées sont perdus ou volés chaque seconde selon le dernier rapport Breach Level Index de Gemalto. Oui oui, vous avez bien lu. Chaque seconde ! Sur l’année 2017 qui fut particulièrement prolifique en termes d’attaques et failles en tous genres (Equifax, GoldenEye/NotPetya, WannaCry, BankBot, Crypto Shuffler, IoTroop/Reaper, WireX, etc.), le rapport Gemalto a dénombré plus de 2,6 milliards de brèches (*). Evidemment, le continent africain n’est pas épargné. Pire, il est probablement l’un des plus exposés car mal préparé selon nombre de spécialistes. Symantec indiquait à l’occasion de l’édition d’Octobre 2017 de l’ACSC (Africa Cyber Security Conference) à Abidjan que les pays africains sont la cible de 42% des cyberattaques observées depuis 2012. Pourtant, la prise de conscience du risque est encore loin du niveau de ce qui peut s’observer dans les économies les plus avancées. « 95% des PME africaines par exemple ont des connaissances et compétences limitées » en ce qui concerne les dispositions à prendre pour réduire leur exposition au risque, selon William Makatiani, CEO de Serianu, un cabinet conseil IT kényan publiant depuis 2012 des études sur la cybersécurité en Afrique.

+1,5 milliard $ vs 2016

La dernière livraison de cette étude devenue référence estime à 3,5 milliards $ l’incidence financière des cyber-infractions en Afrique en 2017. Par rapport à l’année précédente, cela correspond à une explosion de 75% du coût des infractions numériques dans la région. En 2016 en effet, Serianu estimait à 2 milliards $ le manque à gagner pour les économies africaines.

Marchés20162017Progressions
Nigéria55064918%
Kenya17521020%
Tanzanie859916,5%
Ghana50548%
Ouganda356791,4%
Afrique2000350075%
Estimation du coût (en millions $) des cyber-infractions en Afrique Source : Serianu – Happens Africa

Le Nigéria reste de loin le pays le plus touché avec environ 650 millions $ comme coût estimé des infractions numériques en 2017. A l’échelle de la région, se sont le secteur financier, les administrations publiques et les PME qui sont les plus impactés. Les deux premiers cités ont respectivement perdu 248 millions $ et 204 millions $ en 2017 selon les estimations de Serianu. Autre enseignement de l’étude, les cybercriminels locaux sont montés en compétences (de nuisance) et se livrent à des attaques de plus en plus sophistiquées.

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Source : Kenya Cyber Security Report 2017 – Serianu

(*) 2 600 968 280 très exactement

 

Crédit photo : visualhunt/wocintechchat.com

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