5,9 milliards $ de fusions-acquisitions dans la tech en MEA en 2018

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Baker McKenzie et Ofxord Economics, respectivement cabinet d’avocats d’affaires et cabinet d’études économiques, ont publié il y a quelques semaines leurs estimations 2018 du marché des fusions-acquisitions et introductions en bourse (IPO – Initial Public Offering). Il en ressort que cette année, 3 237 milliards $ de fusions-acquisitions seront opérées, en progression d’environ 22,5% par rapport à 2017. La finance, les biens et services, l’industrie et les utilities demeurent les 3 premiers secteurs qui enregistrent les plus importantes opérations en valeur. Quant au secteur de la tech et des télécoms, il se positionne juste après les 3 secteurs leaders avec 468 milliards $ de rapprochements à opérer cette année à l’échelle mondiale (+58,6% vs 2017).

Progression de 400% des fusions-acquisitions tech & telecom en Afrique et Moyen-Orient

Dans la région Afrique et Moyen-Orient (MEA – Middle East & Africa), Baker McKenzie et Ofxord Economics tablent sur 5,9 milliards $ de fusions-acquisitions dans ce secteur, soit quasiment le quadruple (391,6%) des 1,2 milliard $ enregistrés en 2017. La stabilité des prix des produits de base et plus globalement des conditions économiques et financières dans la région proposent selon les auteurs de l’étude un environnement stable et propice. Darryl Bernstein, Directeur de la pratice TMT à Baker McKenzie Afrique du Sud, explique en outre que « la croissance de la demande en solutions, produits et services innovants en Afrique suscite l’intérêt d’entreprises non africaines des télécoms et technologie. Le secteur émergent des services financiers incite aussi les banques locales à investir de façon significative dans la technologie pour innover » . Cependant, les mouvements ne sont pas que entrants. « Des entreprises tech africaines réalisent également des investissements hors Afrique pour renforcer leur accès aux nouvelles technologies, aux marchés et aux compétences » développe-t-il. C’est le cas par exemple du kényan BitPesa qui a fait main basse en Février sur l’espagnol TransferZero pour renforcer son accès aux marchés européens et exploiter la licence de ce dernier en tant qu’établissement de paiement accrédité par la banque d’Espagne. Darryl Bernstein pense aussi que l’on observera en 2018 davantage d’opérations intersectorielles tirées notamment par « le développement de technologies émergentes dans diverses industries comme l’agribusiness, l’automobile et bien entendu la fintech » .

Un marché subsaharien en effervescence

Dans la sous-région subsaharienne spécifiquement, 2018 a démarré avec de multiples opérations dans le secteur TMT. TRACE a changé d’actionnaire de référence en Janvier avec la sortie du suédois Kinnevik au profit de l’américain TPG Capital. Le même investisseur suédois, mais également le sud-africain Naspers, sortent ensuite début Février du tour de table du e-commerçant nigérian Konga, remplacé par le fournisseur local de solutions et équipements informatiques Zinox Group. A la mi-Février, Afrimalin et Kerawa procèdent à une fusion pour mutualiser leurs ressources et opérer une dizaine de pays.

Dans les télécoms, quelques mouvements pourraient aussi être observés. Un dénouement interviendra peut-être au Sénégal en ce qui concerne Tigo, qu’il s’agisse de la décision définitive du gouvernement ou de la procédure arbitrale initiée par différentes parties. Aussi, en Novembre 2017, Bloomberg a révélé des discussions entre Millicom et Econet, ce dernier ayant exprimé un intérêt pour les filiales du premier au Rwanda, au Ghana, au Tchad et en Tanzanie. Si le Rwanda et le Ghana ont déjà été cédé pour l’un et fusionné pour l’autre avec l’indien Airtel, des possibilités existent encore au Tchad et en Tanzanie. Airtel reste par ailleurs à l’affût de toutes opportunités dans la sous-région pour renforcer ses positions, même si des sorties ne sont pas à totalement à exclure. L’option de la sortie de certains marchés ne serait pas non plus dénuée de sens pour MTN. Le telco sud-africain l’a même laissé entendre avant d’effectuer un rétropédalage en vue de rassurer les parties prenantes (abonnés, salariés, actionnaires locaux, fournisseurs, etc.), notamment au Bénin et au Cameroun.

Sur le marché du Nigéria, l’incertitude est par contre totale concernant 9Mobile dont le processus de reprise s’est soldé par la sélection de Teleology par Barclays et le NCC (Nigerian Communications Commission). Mais ledit processus a été rendu nul et non avenu par un tribunal de Lagos. Quant au marché du Gabon, il pourrait connaître une évolution, et une éclaircie pour le telco local Azur, en proie à moult difficultés depuis plusieurs mois. Le britannique Lycatel serait en approche pour reprendre ses actifs selon diverses sources.

4,5 milliards $ d’IPO en 2018

En ce qui concerne le segment des introductions locales en bourse, Baker McKenzie et Ofxord Economics parient sur 4,5 milliards $ levés en 2018 dans l’ensemble MEA, soit +192,9% par rapport à 2017. L’Afrique du Sud, le Nigéria et l’Egypte, les 3 pays africains analysés, cumulent 1,189 milliards $. Toutefois, si l’on se fie aux prévisions de MTN concernant ses IPO à venir au Ghana (objectif à 787 millions $) et au Nigéria (objectif à 500 millions $), les estimations des deux cabinets devraient être largement surpassées. Et c’est sans compter les IPO annoncés hors Afrique par des entreprises tech & télécom africaines, en l’occurrence les towercos Helios Towers, Eaton Towers, IHS Towers. Ils devraient entrer en bourse à Londres et New-York et vise plusieurs milliards $. Le groupe de Strive Masiyiwa, Econet, planifie lui aussi une entrée en bourse à Londres courant 2018. Là aussi, le milliard $ est ciblé. Toujours au rang des telcos, Airtel Africa et Orange MEA réfléchissent à l’éventualité d’une entrée en bourse. Certes après 2018 pour ces deux derniers opérateurs.

Ces chiffres, loin de refléter l’exacte réalité du marché, traduisent la tendance au sein du secteur TMT dans la région.

 

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