Etat des lieux du mobile en 2017 : premières estimations pour l’Afrique subsaharienne

Le MWC 2018 a clos ses portes depuis le 1er Mars à Barcelone. A l’occasion de l’événement, la GSMA a publié son désormais traditionnel état des lieux de l’industrie mondiale du mobile. On retiendra principalement que le nombre d’abonnés uniques à l’échelle de la planète s’est maintenu au seuil de 5 milliards, en léger recul (-35 millions) par rapport au décompte effectué par l’organisme au second trimestre 2017. En termes de pénétration, le parc global d’abonnés uniques représente 66% de la population mondiale. Quant au nombre total de lignes en service fin 2017, il est en progression (+100 millions) par rapport à Q2 2017 et affiche 7,8 milliards au compteur, soit une moyenne de 1,56 ligne par abonné. En ce qui concerne l’internet mobile, il est utilisé par 3,3 milliards d’abonnés (*), dont près de 70% en THD (très haut débit). La GSMA dénombre en effet environ 2,26 milliards de connexions 4G (**), soit 29% des lignes mobiles en service. L’usage du smartphone représente pour sa part 57% des lignes mobiles.

En 2017, les opérateurs mobiles ont généré 1 050 milliards $ de revenus. Ils se sont aussi acquittés d’environ 500 milliards $ de divers taxes et prélèvements et ont investi 25 milliards $ pour l’acquisition de fréquences télécoms, généralement dans le cadre d’appels d’offres. Globalement, l’industrie du mobile représente 4,5% du PIB et mobilise 29 millions de salariés (emplois directs et indirects).

L’Afrique subsaharienne se maintient à une pénétration de 44%

En ce qui concerne l’Afrique subsaharienne, le détail des estimations ne sera disponible que plus tard en 2018. Mais on notera déjà que le taux de pénétration n’a pas évolué en 2017 et se maintient à 44%, comme à fin 2016 et comme au second trimestre 2017. Parallèlement, le haut débit (3G/4G) mobile affiche une forte progression (+8 points) en termes de pénétration par rapport à 2016, même si à l’échelle de la région, la GSMA note un recul de la pénétration de l’internet mobile (21% en 2017 contre 26% en 2016). Et cela devrait se poursuivre en 2018 en regard de la multiplication des annonces de nouvelles licences 4G (Airtel au Kenya), de nouveaux lancements (Sierratel en Sierra Leone, Airtel au Malawi) ou d’extension de la couverture (Lumitel au Burundi). Orange par exemple vient d’annoncer, en partenariat technologique avec Nokia, un projet de déploiement d’environ 11 000 nouveaux sites 4G sur 7 marchés en Afrique (Cameroun, Côte d’Ivoire, Egypte, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal).

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Cette forte progression du haut débit mobile se traduit dans les usages, la région comptant désormais davantage de networkers (49%) que de talkers (19%), selon une typologie des usages du mobile et du smartphone proposée par l’organisme. Les seconds effectuent en effet un usage très basique du mobile, se limitant à la voix et aux SMS. Ils ont plus de 40 ans et n’ont pas de smartphone. En 2016, ils représentaient quasiment 66% des utilisateurs du mobile en Afrique subsaharienne. Quant aux networkers, ils sont davantage consommateurs de data mobile et de smartphones. Ils naviguent sur internet, consomment des contenus éditoriaux sur leur mobile, utilisent les réseaux sociaux et communiquent via les plateformes de messagerie instantanée et la VoIP. Ils sont plus jeunes que les talkers. En 2016, la GSMA estimait que leur nombre allait fortement progresser dans les années à venir, une substantielle part des talkers basculant dans cette catégorie. C’est déjà le cas en 2017 selon les statistiques présentées. Quant aux deux dernières catégories, Pragmatists (18% en 2017) et Afficionados (14% en 2017), la GSMA prévoit que leur nombre doublera d’ici 10 ans, suivant ainsi le trend de la progression des usages du mobile et des technologies et services (santé, éducation, agriculture, finance, etc.) qui s’y accostent.

Mais comme l’indique la GSMA, il y a encore des barrières à franchir par l’industrie pour développer la base utilisateurs de l’internet mobile dans la région, notamment la couverture et la performance réseau, les coûts d’accès au device (smartphones) et au service, la disponibilité de contenus locaux pertinents, le niveau de connaissance digitale.

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(*) Cette statistique porte sur l’ensemble des lignes mobiles en service en 2017

(**) A l’exclusion des connexions IoT/M2M

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