Les classes moyennes ivoiriennes à la loupe

Début Décembre, l’AFD a rendu publics les résultats d’une étude conduite pour elle par LAM Sciences Po Bordeaux, GREThA Université de Bordeaux et l’ENSEA Abidjan, sur les classes moyennes ivoiriennes. S’inscrivant globalement dans la lignée des multiples études existantes sur le sujet, elle apporte cependant quelques éclairages nouveaux et pertinents, de nature à affiner la connaissance de cette cible objet de toutes les attentions. Toutefois, les détails concernant la méthodologie et la taille de l’échantillon n’ont pas été communiqués.

D’entrée, précisons, à nouveau, qu’il n’existe pas à date de caractéristiques univoques des classes moyennes, notamment en ce qui concerne le critère des tranches de revenus à considérer en Afrique. L’étude initiatrice de la BAD en 2011 avait opté pour les bornes de 2 et 20 $ par jour. Celle d’Ipsos South Africa en 2017 a pour sa part fixé les classes moyennes entre 4 et 70 $ par jour. Quant à l’étude de l’AFD, elle fait le choix de fixer les classes moyennes ivoiriennes entre 4 et 20 $, la borne supérieure correspondant au « 95ème percentile de la distribution » des revenus par individu en Côte d’Ivoire en 2015. Sur cette base, l’étude relève que ce sont 26,4% de la population ivoirienne (*) qui peuvent être considérés comme faisant partie des classes moyennes, soient environ 6,21 millions de personnes. Jusque là rien de bien distinct par rapport aux précédentes études.

84% des classes moyennes ivoiriennes résident hors d’Abidjan

C’est surtout au niveau du profilage que l’étude de l’AFD propose une lecture nouvelle des classes moyennes ivoiriennes, et probablement africaines. En effet, les précédentes études se sont habituellement focalisées sur les métropoles, alors que l’AFD montre seules 16% des classes moyennes ivoiriennes résident à Abidjan. Ce sont plutôt les zones rurales (42%) et les villes secondaires (42%) qui concentrent la plus grande part de la cible. Autre différence notable entre l’étude de l’AFD et les précédentes, près de la moitié (48,1%) des chefs de ménage des classes moyennes est sans éducation. Cela « contraste quelque peu avec les représentations habituelles » des classes moyennes décrites comme composées « d’individus de niveau d’éducation secondaire au minimum » commentent les auteurs.

AFD répartition classes moyennes ivoiriennes 565x386

Source : étude AFD

Mais comme l’étude d’Ipsos South Africa, l’AFD relève que les classes moyennes mixent salariés et entrepreneurs des secteurs formels et informels, ainsi qu’une certaine vulnérabilité économique pour une part non négligeable des middle class.

(*) : 23,5 millions de personnes en 2017 selon countrymeters.info

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