Nouvelle formule de la CAN : diffuseurs, annonceurs, régies

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« Même à 4 pays, le Cameroun n’est pas prêt » ! Cette punchline qui a fait grand bruit il y a quelques semaines est de Ahmad Ahmad, président de la CAF et coutumier des phrases choc. Si cela ne paraît pas à propos pour le pays désigné hôte de la compétition en 2019, le dirigeant exprime cependant publiquement le scepticisme de nombre d’acteurs en ce qui concerne la capacité du Cameroun à accueillir une CAN passée de 16 à 24 équipes suite à la réunion exécutive qui s’est tenue au Maroc en Juillet. A cette première polémique, déjà bien embarrassante, est venue se greffer une nouvelle, lancée il y a quelques jours par le média print ivoirien Intégration qui prête à Edouard Messou, dirigeant Afrique francophone de PwC, des propos selon lesquels il accuse le président de la CAF de faire pression pour écarter le Cameroun, propos que dément formellement le cabinet bien sûr. C’est en effet PwC qui devait effectuer pour la CAF la mission d’inspection planifiée du 20 au 28 Août au Cameroun pour estimer le niveau d’avancement des travaux de préparation dans le pays en vue de la bonne organisation de la compétition en 2019. La CAF avait d’ailleurs annoncé que sa décision sur le maintien ou non du pays sera rendue en Septembre sur la base du rapport de ladite mission. Seulement, PwC a jeté l’éponge le 18 Août, sans explications publiques. La CAF n’en a pas données non plus, se contentant d’un communiqué de quatre lignes annonçant tout au plus un report sine die de la mission d’inspection. Atmosphère !

Pour quelles audiences ?

Mais les incertitudes autour de cette prochaine CAN ne se limitent pas qu’à l’organisation ! En ce qui concerne les perspectives d’audiences, les avis des deux spécialistes que nous avons interrogés sont partagés. Aziz Barry, Directeur Média Régional de McCANN West and Central Africa, s’interroge sur l’état de forme physique dans lequel seront les vedettes de chaque équipe nationale après une longue et éprouvante saison puisque bien des joueurs des équipes nationales africaines officient dans les championnats européens. Et Juin, c’est la fin desdits championnats, avec des joueurs fatigués qui ont besoin de relaxer. Selon lui, les audiences « seront absolument liées au contenu même que proposera la CAN » . Si les joueurs sont fatigués, le contenu risque d’être moins attractif, et suscitera moins d’engouement. Et ce sera pire si des joueurs majeurs, trop fatigués ou blessés, refusent de rejoindre leurs sélections nationales. A l’inverse, Damien Legeai, Marketing manager à Canal+ Advertising, indique que la période Juin-Juillet est propice à la réalisation de meilleures audiences. Janvier-Février est « une période chargée en événements sportifs et notamment footbalistiques » . Les championnats européens, entre autres, poursuivant leur cours dans la période, après la trêve hivernale, contribuent à limiter les audiences. En Juin-Juillet, « la CAN va pouvoir bénéficier d’une exposition renforcée et méritée, en Afrique et en Europe » ajoute-t-il, d’autant plus qu’elle se déroule au cours d’années impaires, sans risque pas de chevauchement avec l’Euro. Aussi, passer de 16 à 24 équipes fait mécaniquement augmenter le nombre de matchs et les audiences globales, avec une compétition qui dure 4 semaines et non plus 3.

Et les investissements publicitaires dans tout ça !

Du côté des diffuseurs, des réaménagements de grilles sont à prévoir. Il faudra certainement déprogrammer certains contenus typiques des périodes de vacances d’été et à l’inverse trouver des choses à caser dans les plages autrefois occupées par la CAN les années impaires. Il faudra certainement aussi prévoir un budget sensiblement plus élevé pour l’acquisition des droits. Mais l’investissement devrait pouvoir être rentabilisé puisque, comme l’anticipe Damien Legeai de Canal+ Advertising, le supplément en nombre de matchs devrait drainer davantage de revenus publicitaires. La régie française pense en outre que la CAN « constitue une opportunité unique pour prendre la parole, avec un contexte premium et une puissance incomparable » . Avec la nouvelle formule impliquant plus de pays participants à la compétition, elle s’attend d’ailleurs à capter davantage d’annonceurs locaux. Cependant, il n’est pas certain que le hors média, habituellement investi durant la période des vacances d’été, voit ses budgets complètement squeezés par la télé ou la radio. D’autant plus que les actions événementielles sont très pertinentes en écho à la fête populaire que représente une compétition majeure comme la CAN. Aziz Barry (McCann West and Central Africa) pense d’ailleurs qu’on pourrait « observer une régression de la pub classique pure des grands annonceurs … pour une migration vers davantage de cross media » .

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