Suite du feuilleton concernant la cession de Tigo Sénégal

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Depuis le décret du 1er Août dont l’authenticité a bien été confirmée et par lequel l’Etat sénégalais avait clairement pris position pour Wari et Kabirou Mbodje en ce qui concerne la reprise de la licence d’exploitation de réseaux télécoms de SENTEL/Tigo, de multiples développements ont eu cours, les derniers en date étant la prise de parole d’un dirigeant de l’organe de régulation (ARTP) ainsi que la réaffirmation par Millicom, au travers de courriers, de la résolution du deal conclu avec Wari. Le groupe luxembourgeois persiste dans son argumentaire selon lequel l’entreprise fintech sénégalaise n’a pu s’acquitter comme convenu des 129 millions de dollars à la date contractuelle du 02 Juin. Et de poursuivre que l’inexécution de cette obligation contractuelle entraîne de fait la résolution de l’accord de cession.

Selon Seyni Camara, Malick Fall et Cheikh Tague, des ex associés (*) de Kabirou Mbodje, Wari n’aurait de toute façon pas la surface financière lui permettant l’absorption de l’opération Tigo. Les trois anciens compagnons d’affaire du CEO de Wari ont produit un communiqué dans lequel ils ont exprimé leurs sérieux doutes quant à une issue positive dans le deal Millicom – Wari. Quelques jours plus tard, ce fut au tour de Abou Abel Thiam, Président du collège de l’ARTP (**), de fragiliser un peu plus l’axe Wari. Dans un média local, l’officiel sénégalais a en effet indiqué que le décret présidentiel du 1er Août ne peut servir de parapluie pour l’entreprise fintech, car s’il s’avère effectivement que Wari n’a pas honoré ses obligations financières envers le cédant, la puissance publique ne peut intervenir pour obliger ce dernier à lui transférer la licence dont il a obtenu la concession. Le président de l’ARTP précise par ailleurs qu’il n’est pas exclu qu’un nouveau décret soit signé pour valider la cession à un autre acquéreur qu’aura présenté Millicom, après bien entendu que l’Etat sénégalais se soit assuré de la préservation de l’intérêt public. Un boulevard donc pour Teylium – NJJ Capital – Sofima, le consortium désormais en pôle pour reprendre Tigo Sénégal, consortium présenté récemment et officiellement au régulateur et aux autres administrations publiques par courrier par le cédant, Millicom. Ce dernier a par ailleurs adressé aux mêmes administrations un autre courrier pour leur notifier la rupture du deal avec l’entreprise fintech.

A date, les choses semblent donc de plus en plus tendre vers une éjection de Wari qui voit fondre son ambition de faire converger son offre de services financiers et des services télécoms commercialisés par un opérateur en bonne position concurrentielle sur le marché sénégalais. Il faut toutefois attendre le retour de la puissance publique avant de s’avancer plus loin, sans oublier qu’un passage par la case judiciaire n’est toujours pas encore exclu.

Côté proposition financière, il s’écrit dans la presse dakaroise que l’offre du nouveau consortium serait supérieure de 5 millions d’euros par rapport au montant convenu avec Wari. Une petite raison de plus pour que se lèvent les vents contraires auxquels fait face la marque fintech en ce moment.

(*) il faut préciser que les 3 nommés ont un eu différend avec Kabirou Mbodj, différend tranché en faveur de ce dernier par la cour d’appel de Dakar dans sa décision du 25 Janvier 2016

(**) Autorité dé Régulation des Télécommunications et des Postes

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