Projections d’évolution de la population africaine

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Mercredi dernier, le département des affaires économiques et sociales (DESA) de l’ONU a publié l’édition 2017 de ses estimations de la population mondiale. Et selon ses statistiques, à mi-2017, la planète serait peuplée d’environ 7,6 milliards de personnes dont 60% en Asie (4,5 milliards), 17% en Afrique (1,3 milliard) et 10% en Europe (742 millions). Autre statistique à noter, la planète gagnera 1 milliard de nouveaux habitants à l’horizon 2030 pour atteindre 8,5 milliards de personnes. Selon les projections du DESA, l’Afrique comptera à cet horizon 20% de la population mondiale, à 1,7 milliard, soient 448 millions de nouveaux africains par rapport à 2017. Un défi démographique en somme, pour reprendre les termes de PEA (Perspective Economiques Africaines) 2017, une étude de la BAD, de l’OCDE et du PNUD parue en Mai.

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Ce défi démographique peut bien sûr être transformé en une chance, note l’étude. Pour cela, les organismes auteurs de PEA 2017 indiquent que les économies africaines ne peuvent, entre autres, se permettre de rater la prochaine étape de la transformation productive, la quatrième révolution industrielle, domaine dans lequel excellent notamment les start-up et PME du numérique. Il faut donc « libérer le potentiel des entrepreneurs » . C’est la recommandation forte de l’édition 2017 de PEA. Ça tombe bien, on ne demande que cela en Afrique, notamment au sein des classes moyennes qui comptent des millions de personnes en auto-emploi ou à la tête de petites entreprises.

En ce qui concerne les classes moyennes justement, la forte progression démographique fait que la taille de la population correspondant à cette catégorie progresse fortement également. Selon les statistiques de la BAD, 350 millions d’africains feraient à date partie des classes moyennes (entre 2 et 20 dollars par jour de revenu). Mais plus de la moitié (environ 60%) se situeraient plus près des 2 dollars en termes de revenus (entre 2 et 4 dollars). Ce sont les access middle class, plus proches de la précarité et de la pauvreté (en-dessous de 2 dollars de revenus journaliers) que d’un train de vie modeste, encore moins aisé.

Cependant, toutes les études ne s’accordent par sur la fourchette de 2 à 20 dollars pour définir les classes moyennes africaines. Par exemple, la récente étude d’Ipsos et de l’Université du Cap (UCT) a exploité une fourchette allant de 4 à 70 dollars, une limite supérieure représentant plus du triple de celle de la BAD. Sur la base de cette fourchette de revenus journaliers plus élevés, l’étude d’Ipsos et d’UCT arrive à un chiffrage de 100 millions de personnes seulement faisant partie des classes moyennes (dont 43% de vulnérables), mais exclusivement en Afrique subsaharienne et hors Afrique du sud. Et ces 100 millions de personnes auraient un pouvoir d’achat quotidien d’environ 400 millions de dollars.

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